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Le Berry, sur les traces de George Sand
Le Berry, sur les traces de George Sand

Sur les traces de George Sand

Une destination week-end par excellence, le Berry offre une occasion de se ressourcer en pleine nature. Une atmosphère qui évoque irrésistiblement les romans de George Sand. Partons sur les traces de l'écrivaine...

La Mare au Diable au détour d'un chemin

De la Vallée Noire à Gargilesse, les paysages berrichons évoquent irrésistiblement l’atmosphère des romans de George Sand. Un Berry qui n’a rien perdu de son mystère, ni de sa beauté. Modeste par nature, la région ne s’est jamais taillée une place au soleil parmi les destinations touristiques hexagonales. Pourtant, les décors des romans de George Sand, hantés au possible, y attendent silencieusement le pèlerin qui veut les visiter.

La Mare au Diable et sa croix de bois plantée dans la vase sommeillent encore au détour d’un chemin des bois de Mers-sur-Indre. Le Moulin d’Angibault moud toujours son grain, le château de Sarzay dresse avec entêtement ses cinq tours presque en vue de Saint-Chartier, où chaque 14 Juillet, les Maîtres Sonneurs convient les musiciens des cinq continents à un gigantesque festival de musique traditionnelle.

Nohant, paysage immuable

Ici, rien ou presque n’a changé. Surtout pas Nohant, ni sa merveille d’église romane posée comme un jouet au milieu de la petite place de terre battue. Derrière l’abri de hauts murs, l’auteur de Champi, ou la véritable histoire de Gribouille repose parmi les siens dans l’ombre d’un château qui n’est en fait qu’une grosse demeure bourgeoise.

La ténacité des Berrichons, qui ont voulu garder auprès d’eux celle qui leur est un symbole, a préservé George Sand des fastes du Panthéon. Le président Chirac voulait y transférer ses cendres auprès de celles de Victor Hugo qui la qualifia de « Grand Homme ».

Les marionnettes aussi sont toujours là, exposées à l’étage de l’écurie récemment transformée en librairie et café littéraire sous la houlette de Georges Buisson.

George Sand, un symbole

En assiettes, en statues, dés à coudre en porcelaine, baromètres, sabots peints, calendriers et autres produits dérivés, la figure sandienne demeure omniprésente.

C’est à La Châtre, un bourg pittoresque en surplomb de l’Indre, qu’il faut aller pour la retrouver dans son authenticité. Le musée qui lui est consacré abrite maints souvenirs et manuscrits.

Poursuivie par une notoriété dont elle n’était plus à l’abri nulle part, c’est à Gargilesse qu’elle abrita ses ultimes amours. Les maisonnettes biscornues de ce village de peintres y partent à l’assaut des falaises de calcaire qui dominent la Creuse. Il faut avoir assisté à un coucher de soleil sur les étangs de la Brenne à l’automne pour enfin croire au Moine de l’étang Brice, tels que les a dessinés Maurice Sand, le fils complice, à grands traits de sanguines accrochées sur les murs de Nohant. Et c’est à l’imagination ô combien fertile de l’écrivaine que nous devons l'appellation de « Vallée Noire » pour le Berry. Et c’est toujours vers ces sombres chênaies que le visiteur reviendra, aimanté par les murs de Nohant, l’œil du cyclone Sand.

Bourges, ville royale

La grande agglomération du Berry reste une étape incontournable. Ancienne ville royale, capitale régionale et culturelle, elle hérite d'un passé qui remonte à l'Antiquité. Jules César la décrivait lui-même comme "la plus belle et la plus forte de toute la Gaule" en 52 av. J.-C.

La cathédrale Sainte-Etienne

La cathédrale Saint-Etienne, unique, tel un immense vaisseau gothique dominant les toits de la ville, vous accueille à votre arrivée à Bourges.

Inscrite au Patrimoine mondial de l'UNESCO, elle est incontournable et demeure encore aujourd'hui l'un des bâtiments gothiques les plus impressionnants de France, avec ses 125 mètres de long, ses 41 mètres de large et sa nef de 37 mètres de haut. Admirez notamment les vitraux, véritables trésors.

Terminez par sa tour nord qui vous promet une vue imprenable sur la ville médiévale avec ses maisons à pans de bois datant du XVe siècle.

Le Palais Jacques-Coeur

Autre monument incontournable, le Palais Jacques-Cœur. Cette grande maison est un magnifique exemple de ce que les spécialistes appellent le gothique flamboyant civil. Construit entre 1443 et 1451, non loin des la partie ouest des remparts gallo-romains, il fut bâti à la demande de… Jacques Cœur, fils d'un marchand pelletier de Bourges. Il n'eut malheureusement jamais l'occasion d'y habiter, car il mourut lors d'une croisade contre les Turcs.

Cet homme ambitieux a voyagé au Proche-Orient et créé, pour le roi Charles VII, une flotte commerciale en Méditerranée. Son palais abrite le premier hammam privé d'Europe. Et, bien entendu, c'est ici que vous pourrez lire, dans la chapelle, la célèbre devise de Jacques Cœur : "À cœur vaillant, rien d'impossible."

Avant d’entamer la promenade des remparts qui marque la limite entre la ville haute et la ville basse, offrez-vous une petite pause-déjeuner Au Rendez-vous de George Sand (4 place des Quatre-Pilliers), salon de thé à l’ambiance hors du temps.

Des marais dans la ville

Bourges est certes réputée pour son architecture, mais vous serez également surpris par un monde de terre et d'eau, partagé entre une multitude de parcelles silencieuses. Un silence juste brisé par le gloussement d'une poule d'eau ou le vol furtif d'un martin-pêcheur.

Non loin de la cathédrale s'étendent en effet les 135 hectares des marais de Bourges. Autrefois ceinture marécageuse, la ville est aujourd'hui une terre maraîchère rendue cultivable par un beau travail hydraulique. Plus de 1500 jardiniers ont désormais remplacé les maraîchers professionnels. Dans le Marais Haut, une promenade en plate (barque) s'impose en fin d'après-midi, afin de profiter du coucher de soleil.

Les trois centres de la France

Savamment identifiés par des calculs savants, notre pays ne compte pas un mais trois centres, tous dans le Berry. Cela mérite bien un détour…

Bruère-Allichamps, l'ancêtre

C'est le géographe Adolphe Joanne qui, entre 1860 et 1870, désigna ce village comme le centre de la France. En dessinant un quadrilatère autour de l'Hexagone, il pointa le croisement des deux médianes et fit connaître ce bourg à tout le pays. Une borne militaire en pierre, creusée en sarcophage, est posée dans la rue principale afin de le matérialiser.

À une dizaine de kilomètres au sud-ouest de Bruère-Allichamps, dans la forêt d'Habert, une autre borne en pierre de Saulzais indique le centre du méridien de Paris, précisément équidistant de 480,27 kilomètres des deux points extrêmes du pays : la plage de Dunkerque et la frontière espagnole. Il n'y a pas à dire, vous êtes bien au centre !

Saulzais-le-Potier, deuxième centre

Au pays du grès rose, à une vingtaine de kilomètres de la petite ville de Saint-Amond-Montrond, sur la départementale 64, se dresse une petite borne qui marque le deuxième centre de la France. Il fut déterminé par l'abbé Moreux en 1923, après des calculs mathématiques dont, malheureusement, il n'y a plus trace aujourd'hui.

Une halte à Saint-Amond s'avère obligatoire si vous êtes amateurs de beaux bijoux. S'y trouve en effet la cité de l'or. L'entrée en sous-sol de cette pyramide de verre s'apparente à la descente dans une mine. Le premier bijoutier s'est installé ici en 1888. Aujourd'hui encore, plus d'un siècle plus tard, quatre tonnes d'or se métamorphosent chaque année en de magnifiques parures.

Vesdun, le nouveau centre

Avant de visiter le troisième et dernier centre, un détour par Epineuil-le-Fleuriel s'impose. Plus précisément par son école, "une longue maison rouge avec cinq portes vitrées, sous des vignes vierges, à l'extrémité du bourg", écrivait Alain Fournier. Car l'école du Grand Meaulnes existe, vous pouvez la visiter et tous les mardis suivant le 14 juillet, vous pouvez même y passer les épreuves de 1890 du certificat d'études, les mêmes que celles d'Augustin Meaulnes.

En 1830, Pierre Vermond, dans ses Chroniques populaires du Berry, mentionnait déjà le village de Vesdun comme étant un centre potentiel pour la France. C'est en 1957, 1966 et 1976 que des calculs plus précis ont enfin été réalisés. Mais il a fallu attendre 1984 pour que ce site soit véritablement identifié par des ingénieurs de l'Institut national de géographie (IGN), au lieu-dit "les Coucières", comme "barycentre" des 36 452 communes métropolitaines françaises.

Vesdun est donc le centre de la France le plus récent et sans aucun doute le plus voyant, grâce à son grand monument rond en émaux de Briare situé à l'entrée du village. Photo souvenir obligatoire !

Nos bons plans

Pour partir en toute tranquillité dans le Berry, profitez de nos conseils et bons plans.

Quand partir ? Comment y aller ?

Le Berry offre un climat tempéré toute l’année et l’été est rarement surchargé. Avec ses brumes, l’automne sied particulièrement aux forêts berrichonnes, plus mystérieuses et chatoyantes.

Comment y aller ?

- En train : Bourges et Chateauroux sont desservies par la SNCF.
- Par la route : Depuis Paris, autoroute A10 puis A 20 à Vierzon, sortie à Chateauroux en direction de la Châtre et de la Vallée Noire. Pour profiter au mieux de la région, la voiture reste le meilleur moyen. Aucun train ni avion ne dessert en effet La Châtre et ses proches environs, ni Gargilesse. Ce moyen de transport favorisera rencontres et découvertes au gré des petites routes de campagne.

Sur place

Où manger ?

À Saint-Chartier
La Vallée Bleue, Château-Hôtel 36400 Saint-Chartier
Tel : 02 54 31 01 91, www.chateauvalleebleue.com
Pour le délicieux croustillant aux poires épicées à la berrichonne! Cette excellente table était autrefois la demeure du docteur Pestel, le médecin personnel de George Sand. Idéalement située, entre Saint-Chartier et Nohant, c’est l’étape romantique du voyage.

À Nohant
Auberge de la Petite Fadette (en face de la maison de George Sand)
Tél. : 02 54 31 01 48. www.auberge-petite-fadette.fr
On y sert un délicieux poulet en barbouille. Les fenêtres de cette auberge de charme ouvrent sur l’adorable petite place du village en terre battue, et sur son église. La table y est raffinée et de grandes flambées réchauffent en demi-saison la salle de restaurant à l’atmosphère feutrée. Idéal pour évoquer en tête-à-tête les amours de George Sand.

À La Châtre
Hôtel du Lion d’Agent, quartier du Lion d’Argent, 36400 La Châtre. Cette auberge sur les bords de l’Indre propose une excellente cuisine du terroir (Ah, les œufs en meurette…) Tél. : 02 54 48 11 69.

À faire

- Château de Nohant. 36400 Nohant-Vicq. Tél. : 02 54 31 06 04.
Visites guidées de la maison toutes les 30 à 45 mn. Le jardin, aménagé par l’écrivaine, est également à voir, avec son verger, sa roseraie, son petit bois romantique, son cimetière et la prairie où deux cèdres commémorent la naissance des deux enfants de l’écrivain, Solange et Maurice. Le nouveau café littéraire programme également soirées et animations.

- Le Musée George Sand de La Châtre, 70 rue Venôse, 36400 La Châtre, tél. : 02 54 48 36 79. Il présente, dans une salle dédiée à l’écrivain, une riche collection de lettres et documents sur sa vie, son entourage et son engagement politique.

- La Mare au Diable : sur la D 943, à Mers sur Indre, suivez les panneaux indicateurs du circuit George Sand jusqu’au parking. Ensuite, c’est à deux cents mètres à pied.

- Musée de la Sorcellerie. La Jonchère, Concressault 18410 Blancafort. Unique en France et en Europe, absolument incontournable. Tél. : 02 48 73 86 11

- Parcourir la Vallée Noire en roulotte à cheval : « Les attelages de la vallée Noire ». La grande Braudière 36120 Saint-Août Tél./ Fax : 02 54 36 67 29

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